Clostridium difficile est une bactérie sporulée qui produit une toxine causant de la diarrhée et d'autres infections intestinales sérieuses.
C. difficile
- Clostridium difficile est une bactérie sporulée qui produit une toxine causant de la diarrhée et d'autres infections intestinales sérieuses. Elle est la principale cause de diarrhée observée chez les patients hospitalisés dans les établissements de soins de courte et de longue durée dans les pays industrialisés.
- Parce-que le C. difficile est présent dans les matières fécales, il est possible que les surfaces et les objets dans les chambres des patients, ainsi que leurs objets personnels se contaminent. Une personne peut s’infecter si elle touche des surfaces ou des objets contaminés par des matières fécales et qu’elle porte par la suite ses mains à la bouche ou au nez.
- C. difficile est généralement propagé par le contact avec les mains, souvent celles des professionnels de la santé qui peuvent, sans le savoir, transmettre la bactérie pendant des procédures routinières de soins à leurs patients. Le C. difficile peut également se répandre par le contact avec des surfaces, des objets, ou de l'équipement contaminé comme les lits, les thermomètres, les sièges de toilette, les fauteuils roulants, et les commodes.
- Les spores du C. difficile permettent la survie de cet organisme dans l'environnement pendant de longues périodes. En outre, les spores sont également résistantes à un certain nombre de désinfectants usuels et peuvent survivre dans les hôpitaux si le nettoyage n’est pas adéquat. De plus amples connaissances au sujet du rôle de l'environnement dans la dissémination du C. difficile seront nécessaires pour mieux contrôler sa propagation.
- Au Canada, le nombre de décès associés au C. difficile ne cesse d’augmenter. On estime que le taux de transmission nosocomiale (associée aux hôpitaux) de l’infection sera de 6-7 cas par 1,000 patients en 2007.4
- La prise d’antibiotiques augmente le risque d’acquérir une diarrhée causée par le C. difficile. Le traitement par antibiotiques modifie les taux normaux des « bonnes » bactéries présentes dans l’intestin et le côlon. Lorsque ces « bonnes » bactéries y sont moins nombreuses, le C. difficile en profite pour se développer et produire des toxines qui entrainent une infection. La présence du C. difficile dans les hôpitaux et les établissements de soins de santé de longue durée, combinée à un nombre important de patients qui prennent des antibiotiques ont provoqué des éclosions fréquentes en Amérique du nord et en Europe.
- Les personnes en bonne santé sont habituellement invulnérables au C. difficile. Les personnes âgées et les personnes qui souffrent de maladies ou de conditions nécessitant des antibiotiques et certains autres médicaments pour l'estomac sont les plus susceptibles d’acquérir cette infection.
POURQUOI LE SARM ET LE C. DIFFICILE POSENT- ILS UN PROBLÈME?
- Au Canada, le nombre de nouveaux cas de décès associés au C. difficile ne cesse d’augmenter.On estime que la transmission nosocomiale de l’infection augmentera à 6-7 par 1,000 en 2007.9
- Les infections causées par le C. difficile représentent 20 à 25 pour cent des diarrhées associées aux antibiotiques. Lorsque les symptômes sont bénins, aucun traitement n'est requis. Pour les cas graves, des médicaments et des interventions chirurgicales peuvent être nécessaires.
- Dans les cas les plus sévères, le C. difficile peut entrainer une inflammation intense de l’intestin (la colite pseudo-membraneuse), un mégacôlon toxique, des perforations du colon et une infection du sang, résultant en de graves complications qui peuvent représenter un danger pour la vie. Selon les estimations du CDC, les infections associées au C. difficile atteignent les taux suivants:10
- dans les établissements de soins aigus entre 3 et 25 cas pour chaque 10,000 jours d’hospitalisation
- dans les établissements de soins prolongés de 5 à 7% des patients sont porteurs de la bactérie dans leur intestin.
- Particulièrement depuis l’année 2000, une souche extrêmement virulente de C. difficile a provoqué des épidémies dans les établissements de soins de santé. Entre 2003 et 2004, une nouvelle souche, vingt fois plus virulente que celles précédemment observées, a frappé les hôpitaux du Québec, entrainant une augmentation de 60% du nombre des décès liés au C. difficile. Dans l’année administrative se terminant au 31 mars 2004, les infections nosocomiales liées au C. difficile ont tué près de 1.270 personnes au Québec Pendant ces éclosions le taux de mortalité attribuable au C. difficile durant les 30 jours suivant l’infection a atteint 6.9% au Québec; il a atteint 16.7% sur une période de douze mois. 11
- Cette nouvelle souche, extrêmement virulente, se propage actuellement à travers le Canada, en causant une série de décès en Ontario. 12
- L’éradication du C. difficile est une tâche ardue. Une fois à l’extérieur de l’organisme humain, ses spores résistent à la chaleur, au froid, aux produits chimiques et aux désinfectants. Dans les établissements plus vétuses, le C. difficile est particulièrement difficile à éliminer.

